Fête patronale du Grand Séminaire de Philosophie Saint Paul de Djimè : Mgr Barthélemy ADOUKONOU honore l’Institution.

  

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Depuis sa fondation en 1967, le Séminaire de Djimè a toujours vécu la fête de la Conversion de Saint Paul comme une aubaine privilégiée pour honorer son Saint Patron et redécouvrir, par le fait même, la richesse de son enseignement et la profondeur de sa vie à la suite du Christ. Chaque célébration annuelle de cette fête a bien souvent été agrémentée par des présences particulières dont l’ordonnancement ne pourrait qu’être attribué à la Providence divine. Et comme cette Providence est toujours à l’œuvre, le 25 janvier 2018 reçut, lui aussi, sa marque spéciale. Ce fut à travers la visite de Mgr Barthélemy ADOUKONOU, Secrétaire émérite du Conseil pontifical pour la Culture.

Invité en effet par le Conseil des formateurs pour partager ces moments de joie et d’action de grâces avec la communauté du Séminaire, le prélat exprima de fort belle manière la générosité et l’enthousiasme qui le caractérisent en foulant le sol du Philosophât dès la veille de la fête. Cette présence lui permit d’avoir d’importants moments d’échanges avec les formateurs et surtout avec les séminaristes. Ces riches entretiens tournaient principalement autour des thèmes de l’inculturation et de l’auto-prise en charge. Mgr ADOUKONOU le martela à plusieurs reprises, l’inculturation doit être comprise comme « défi de sainteté » pour l’Eglise-Famille de Dieu en Afrique. Et pour ce faire, il serait nécessaire d’engager une véritable « pâque culturelle » capable de permettre à l’Homme africain de vivre une foi authentiquement chrétienne en adéquation profonde avec ce qu’il y a de noble, de vrai et de beau dans sa culture. Pour lui, l’harmonie à établir entre la culture et la religion ne doit souffrir d’aucune ambigüité puisque l’inculturation se trouve justement dans une posture de lutte contre le syncrétisme. Une juste compréhension de cette culture se trouve dès lors comme un préalable incontournable dans le processus d’élévation de tout l’Homme vers le Transcendant. La devise épiscopale de l’hôte du Séminaire exprime élogieusement cet idéal qui consiste à gagner toutes les âmes au Christ : « Faisons croître toutes choses dans le Christ ».

Du Secrétaire émérite du Conseil pontifical pour la Culture, l’on peut aussi retenir qu’une telle évangélisation au moyen de la culture doit aller de pair avec une auto-prise en charge intégrale de l’Homme africain. Il s’agit concrètement d’une auto-prise en charge entendue dans ses dimensions intellectuelle, spirituelle et humaine. C’est pourquoi, riche de ses nombreuses expériences notamment dans le domaine de la formation des futurs prêtres[1], il n’hésite à mettre en lumière le type de prêtre dont l’Eglise a besoin dans l’Afrique de notre temps : des prêtres ‘’acteurs de développement’’. Cet aspect de son partage lui a donné l’occasion d’encourager et de féliciter le Grand Séminaire Saint Paul de Djimè qui s’attèle à façonner ce type de prêtre au moyen de la révolution agropastorale qu’il a merveilleusement engagée et dont l’esprit innerve l’ensemble de la formation.

La célébration eucharistique qu’il présida le lendemain, entouré du corps des formateurs et d’autres prêtres venus pour la circonstance, constitua l’apothéose de cette fête de la conversion de l’Apôtre des nations. Au cours de son homélie, Mgr ADOUKONOU focalisa l’attention de l’assemblée sur le bouleversement radical qu’a connu la vie de saint Paul après sa rencontre avec le Christ. En effet, de sa position de zélé persécuteur de l’Eglise de Jésus-Christ, Paul en est devenu le dévoué missionnaire. Il contribua pour une large part à la diffusion de l’Evangile, répondant ainsi à l’invitation du Christ : « Allez dans le monde entier, portez la Bonne Nouvelle à toute la création » (Mc 16, 15). Se basant sur l’exemple de vie de Saint Paul, le prédicateur exhorta ce Séminaire de Philosophie à confesser davantage le Christ comme Sagesse incarnée du Père. Il invita chacun à mettre à contribution son sens religieux pour continuer à écrire l’histoire missionnaire avec le cœur et le sang dans une « dynamique d’inculturation-conversion transformante, défi de sainteté ».

Après les réjouissances dues à la solennité de ce jour, les festivités de la conversion de Saint Paul connurent leur épilogue à travers un match de football entre les séminaristes.

                                                        Expédit ALLOSSOU, Troisième année de philosophie

[1] Mgr Barthélemy fut recteur de ce Séminaire de Djimè de 1972-1979