2e DIMANCHE DE PÂQUE : LA MISERICORDE DIVINE (07/04/2013)

1ère Lect. Ac 5, 12-16…………….
Ps 1172e Lect. Ap 1, 9-11a. 12-13. 17-19.
Evangile: Jn 20, 19-31

Chers frères et soeurs dans la foi! Chers amis!

Nous voici rassemblés pour célébrer la victoire de la vie sur la mort. Par cette victoire de la vie sur la mort, il n´y a plus d´angoisse, plus de tristesse, plus de déception! L’angoisse est changée en paix, la tristesse est devenue joie, la déception est traversée d’un souffle de confiance, les temps nouveaux sont accomplis : Jésus-Christ est ressuscité ! Il est vivant à jamais! Il vit! Et selon l´évangile que nous venons d´entendre, le Ressuscité apparait aux disciples le soir du premier jour de la semaine. L´expression “premier jour de la semaine” n´est pas choisi au hasard; elle est très significative pour nous chrétiens: “C´était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine”, c´est à dire le dimanche. Nous pouvons déjà deviner pourquoi les chrétiens se rassemblent chaque dimanche. Un clin d´oeil rapide nous fait découvrir en effet que pour les juifs le dimanche était le premier jour de la semaine, c´est-à-dire un jour ouvrable, un jour de travail comme les autres.

C´est le samedi, le sabbat qui était le jour de fête et donc de repos, de rassemblement et de prière; un jour consacré au Seigneur. C´est un lendemanin de sabbat que Jésus est ressuscité et est apparu à ses disciples, plusieurs fois de suite, et chaque fois le premier jour de la semaine: si bien que pour les chrétiens d´alors et d´aujoud’hui et de demain le dimanche, autrefois jour de travail, devient et sera toujours le premier jour des temps nouveaux. Le dimanche est par conséquent le jour du Seigneur, le jour de la Résurrection du Christ. Et en ce deuxième  dimanche de Pâque, l’Eglise notre mère nous invite à tourner résolument notre attention vers le mystère de la Divine Miséricorde; car depuis quelques années, ce deuxieme dimanche de Pâques est appelé dimanche de la miséricorde. C’est le bienheureux pape Jean-Paul II qui a institué cette fête. Il répondait ainsi au désir que le Seigneur avait transmis à sainte Faustine : «Je désire qu’il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques. Ce dimanche doit être la fête de la Miséricorde … En ce jour, disait Jésus, les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes; je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de ma miséricorde…

La fête de la miséricorde est issue de mes entrailles. Je désire qu’elle soit fêtée solennellement ». Chers frères et soeurs dans la foi, chers amis! Les textes de ce dimanche témoignent précisément et de bout en bout de cette miséricorde de Jésus ressuscité. Cette Miséricorde se manifeste déjà et de facon visible dans les premiers mots que le Christ ressuscité adresse à ses apôtres dans l´évangile de ce dimanche: “la paix soit avec vous”. Le ressuscité aurait pu leur reprocher de l’avoir renié et abandonné. Au lieu de cela, c’est un message de paix qu’il leur adresse : « La Paix soit avec vous ! » (Shalom en Hébreu). Dans ces mots de salutation du Ressuscité, les disciples ont retrouvé  la vie perdue, leur angoise est changée en paix; Cette paix ce n’est pas seulement l’absence de conflit. Jésus était apparu aux disciples en déverrouillant les portes et les cœurs de ceux qui étaient tenaillés par la peur et conflit intérieur. « La paix soit avec vous », leur avait-il dit. Et le don de la paix devient pour ainsi dire la signature du Christ ressuscité à chaque récit d’apparition. La paix devient du coup un fruit de résurrection; Il s´agit de la paix intérieure, de pardon et de la joie retrouvée. Jésus ressuscité est source de paix.

Par sa victoire sur la mort et sur le péché, il réconcilie tous les hommes avec Dieu avec eux mêmes et avec le monde. Les forces hostiles à Dieu ont été vaincues ; il fait triompher la paix. C´est cela justement la merveille de la miséricorde divine qui fait grâce, qui pardonne et qui donne la paix. Les disciples peuvent être réellement dans la paix, non pas comme si rien n´était arrivé, mais justement malgré ce qui est arrivé, car la paix que le Ressuscité donne à ses disciples et donc à nous est très au-dessus de ce qui peut nous arriver comme des coups bas dans cette vie. Il peut y avoir des échecs dans la vie de chaque homme et de chaque femme, la mort inattendue d´un être bien aimé, la déception venant d´un être qu´on estime au plus haut degré, de la diffamation, de la calomnie, de la medisance, des hommeries et de la béninoiserie etc, chers amis, la paix du Ressuscité est au-dessus de tout cela. Et c´est cette paix qui nous pouse à nous réconciler avec nous mêmes, avec les uns les autres et avec le monde.

Cette paix s´avère primordiale que le pape Francois place sa première bénédiction “urbi et orbi” le dimanche de Pâques sous le signe de la paix et a  notamment souhaité le retour de la paix dans les régions troublées du monde comme la Syrie, l’Afrique ou les deux Corées. Pour ce qui concerne notre continent l´Afrique le pape mentionne expressement: “Paix pour l’Afrique, encore théâtre de conflits sanglants,… au Mali, afin qu’il retrouve unité et stabilité ; et au Nigeria, où malheureusement ne cessent pas les attentats qui menacent la vie de tant d’innocents et où de nombreuses personnes, même des enfants, sont retenues en otage par des groupes terroristes… Paix dans l’est de la République Démocratique du Congo et en République Centrafricaine, où nombreux sont ceux qui sont contraints à laisser leurs maisons et vivent encore dans la peur”.

L´Afrique, un continent de paix, devient un continent de conflit, un continent  dans lequel se réalisent les coups bas, des barbaries! Cette paix sera effective si chacun de nous là où il se trouve, commence à oeuvrer pour la paix en posant un jugement objectif sur l´autre sans tenir compte de son pouvoir et de son avoir; sans tenir compte de ses talents et de son ethnie. Chers amis,  l´Afrique ou du moins « L’humanité n’aura de paix que lorsqu’elle s’adressera avec confiance à la Divine Miséricorde », autrement dit l´humanité n´aura la paix lorsqu’elle croira que la Miséricorde du Ressuscité a triomphé de tout péché, de toute mort. Cett miséricorde de Dieu n´est pas reservée à une catégorie d´hommes. Qu´on soit blanc ou noir, juste und injuste, fautif on non, douteux ou croyant, craintif ou rassuré chacun de nous peut bénéficier de la miséricorde divine qui est sans limite. L´apôtre Thomas dont parle l´évangile de ce jour est un exemple tangible que la miséricorde divine est pour chaque homme et qu´elle n´est pas un mérite.

En effet l´apôtre thomas n´était pas avec les autres apôtres lors de la première rencontre du Ressuscité. Quand ses amis lui en parlent, il refuse de croire et dit: “si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas mes mains dans son côté, non, je n’y croirai pas”.  En réalité, Thomas demandait un signe pour oser croire en la miséricorde. Et le Seigneur le lui donne en lui présentant ses plaies, tout particulièrement son côté ouvert: Et alors Thomas, dans son acte de foi, et bénéficiant de la miséricorde divine, est allé je dirais, plus loin dans la foi que les autres, car il est le premier à dire « Mon Seigneur et mon Dieu ». Comme lui, nous sommes invités à croire en accueillant la présence de Jésus ressuscité et en recevant sa parole.

Comme Thomas, nous pouvons nous tourner vers le Ressuscité et lui dire « Mon Seigneur et mon Dieu », nous avons confiance en ta miséricorde. Mais nous sommes ou serons encore plus heureux, si nous croyons sans voir. Que nous croyions à l´aide d´un signe ou sans signe, nous sommes en tant que croyants, témoins de la miséricorde divine. Et devenus témois de la miséricorde de Dieu, nous sommes invités à annoncer à nos frères que le Christ est mort et ressuscité et il accorde sa miséricorde à tous ceux là qui l´accueille. La première lecture de ce dimanche de miséricorde nous montre à cet effet une communauté de chrétiens qui a bénéficié de cette miséricorde de Jésus et qui en témoigne. On faisait leur éloge pour ce qui s’y passait. En eux c’est Dieu qui accomplissait des merveilles. Hommes et femmes de plus en plus nombreux adhéraient à la foi, la foi qui est une rencontre avec la personne de Jésus ressuscité. Chers amis! Il ne peut pas y avoir d’évangélisation sans la foi ni sans le témoignage d’une vie fraternelle. Les divisions, les violences et les rancunes sont un contre témoignage. Elles font obstacle à l’annonce de l’Evangile. Celle-ci ne peut être accomplie que par des communautés unies. Peut-on conclure par analogie que le jour où on pourra dire de nos communautés du seminaire ou paroissiales “qu´elles n´ont qu´un seul coeur”, peut-être ce jour-là, des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhéreront-ils au Seigneur? C´est bien là le souhait du Seigneur qui nous dit: “C´est à l´amour que vous aurez les uns pour les autres que l´on vous reconnaîtra pour mes disciples” (Jn 13,35).

Chers amis, cette recommandation du Seigneur notre Dieu, n´est pas au-dessus de nos forces puisque les premiers chrétiens étaient des hommes et des femmes comme nous, des êtres faibles, connaissants des désaccords, des disputes et autres tentations. Les prodiges, les miracles non plus ne sont pas au-dessus de nos forces. Les apôtres n´étaient pas des surhommes; l´apôtre Pierre lui-même dira à Corneille qui s´agenouillait devant lui: “Relève-toi. Je ne suis qu´un homme, moi aussi”. A la Miséricorde de Dieu, nous voulons nous abandonner avec confiance. Elle seule pourra triompher de nos doutes. Sainte Faustine aimait redire cette prière: « Jésus, j’ai confiance en toi ». C’est à Jésus ressuscité qu’elle se livrait ainsi, celui qui dans le livre de l’Apocalypse, la deuxième lecture de ce dimanche, nous dit : « Sois sans crainte. Je suis le Premier et le Dernier, je suis le Vivant : j’étais mort mais me voici vivant pour les siècles » .

En ce dimanche de miséricorde, contemplons comme Thomas ce côté ouvert pour nous et écoutons Jésus nous dire : « En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces; qu’aucune âme n’ait peur de s’approcher de moi, même si ses péchés sont comme de l’écarlate. » Seigneur, en ce dimanche de miséricorde, nous te prions: rends-nous plus disponibles à la force de la foi. Sois avec nous pour que nous témoignions de ta miséricorde à nos frères et soeurs qui ne te connaissent pas encore et garde-nous plus généreux dans la pratique de ta miséricorde afin qu´à ton image nous devenions aussi miséricordieux avers nos frères et soeurs, toi le miséricordieux, le Ressuscité, le Vivant  pour les siècles des siècles, Amen!

J O Y E U S E S    F E T E S    P A S C A L E S,    Père Jean-Baptiste TOGNIZIN