Cinquième dimanche de Pâques 2015

Séminaire Saint Paul de Djimè

Dimanche du véritable ‘’Moi je suis’’ (Gninwè)

 C’est après la Résurrection que les disciples ont vraiment réellement compris qui est Jésus, ce qui s’est passé au Baptême, ce qu’il a fait le Jeudi Saint, ce qui s’est passé le Vendredi Saint. C’est après la résurrection qu’ils ont découvert la véritable Identité de Jésus : ‘’Moi je suis’’ c’est-à-dire qu’il est ‘Dieu fait homme’. C’est inouï de se rendre compte qu’on a passé trois avec son Dieu et qu’on n’a pas su vivre à fond avec lui.  Et déjà des années que je suis chrétien, prêtre ou séminariste, est-ce que je me rends compte que Dieu est Homme à côté de moi partageant ma vie et mes moments quotidiens d’humain ?

Tout l’Évangile de saint Jean est écrit à partir de l’évènement de la résurrection. Si Jean a trouvé que « le Verbe est venu chez les tiens et ils ne l’ont pas reconnu », c’est à partir de la résurrection. Si Jean s’est souvenu de tout le discours sur ‘le pain de vie’, ‘le pain vivant’, ‘La porte’, ‘le Bon pasteur’, ‘je suis le chemin, la vie et la Vérité’ et aujourd’hui ‘la vigne et le Père est le vigneron’ qui ne sont que des explicitations du ‘’Moi Je suis’’, c’est après l’éclatement de la vie donnée à  l’éternité, c’est après l’ouverture définitive du Jardin divin à l’homme, c’est après le tombeau vide et rangé parce que la Vie est sortie.  Le véritable ‘Moi je suis’ ‘gninwe’ c’est celui qui a donné gratuitement sa vie pour les autres. Le véritable ‘Moi je suis’ c’est Celui qui a fait l’unique sacrifice pour que toi et moi nous puissions vivre éternellement. Il n’y a pas de Gninwè sans sacrifice de soi.

Nous sommes à l’ère de contrats. On en signe partout et pour tout. Pour avoir de l’argent facilement, avoir un travail durable, vivre sans frustration, sans souci, dominer les autres, obtenir la réalisation du désir secret de sa vie, on est prêt à signer des contrats même de mort, de vente de son âme (Kinninsi, tcha tcha, gagne-man etc). Contrats de mort et éphémères. Aujourd’hui, Jésus veut en signer avec toi. Aujourd’hui, Jésus te propose un contrat gratuit de bonheur sans risque et d’intérêt d’éternité :’ Demeurer en Lui qui est la vigne’. Je le dis autrement : « sistere in Jesu christo » : « il faut tenir bon en Jésus-Christ »pour réussir sa vie. Dieu n’est-il celui qui réalise nos impossibles. Nous le voyons dans le Psaume 21 : « Même les cendres des tombeaux se prosterneront devant lui. »

La vie véritable c’est-à-dire la vie de la Vie, vie de l’Amour, vie de Dieu-Homme, Vie du Père éternel n’est possible que si je reste connecté à la Vigne dont le Père est le Vigneron. Mon frère, ma sœur, prenons notre connectivité sur le réseau de Jésus. C’est un réseau sans délestage, sans récession et sans coupure.

Entrer dans ce contrat d’éternité, appartenir à la Vigne-Jésus, c’est entrer dans une fraternité élargie qui ne se nourrit et ne grandit que grâce à l’amour. Et saint Jean dans la deuxième lecture nous indique la façon. La véritable fraternité est en acte et en vérité. En acte (Tovi do zan ku bo Nonvi do a ni do zan mè) aimer dans le don de soi : aimer c’est tout donner et se donner soi-même. En vérité, pas de complicité, de jalousie et d’égoïsme. On aime l’autre parce qu’il arrange mes affaires.

Saint Jean précise qu’il ne s’agit pas d’une fraternité philanthropique mais d’une fraternité fondée sur la foi en Jésus. Avoir la foi et aimer. C’est cela la fidélité fraternelle. Or pour Jean, avoir foi en Jésus c’est demeurer en Dieu. Avoir foi en Jésus, c’est ‘Sistere in Deo’. C’est tenant bon dans le Père que je peux tenir dans la fraternité. Parce que le frère n’est pas un saint mais un menteur, un méchant, un tricheur, un voleur, même un assassin, un persécuteur comme Paul et il faut quand même l’accueillir. Ceci a été difficile pour la première communauté d’accueillir le Persécuteur. On ne croit pas en sa conversion et en sa capacité de conversion. Il était fiché, classé et mis en dossier rouge. Et moi quel regard, je porte sur l’autre classé rouge ou noir, dans tous les cas à rejeter ?  Mais c’est en demeurant dans cette fraternité que je peux me reconnaitre fils du Père et dire avec l’autre le Pater. C’est le sistere in fraternitate. Il faut tenir dans la fraternité. En tenant bon en Jésus, je peux tenir bon dans la fraternité et ainsi je peux tenir bon en Dieu.

 Exercices :

 1- Essaie cette semaine d’aborder le frère ou la sœur, le voisin difficile à aborder parce que Dieu qui est en toi et en qui tu tiens bon veut aller vers lui et il ne peut le faire sans toi.

  2 – Sois fier et heureux cette semaine que non seulement Jésus est avec toi mais qu’il est en toi et que tu es en Lui : les solutions sont donc là. Plus d’inquiétude. Sois cool. au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen.

Père Grégoire-Sylvestre GAINSI